Le Grand Palais inaugurera dans sa nef, le 9 décembre 2010 une exposition rétrospective sur le joaillier romain Bulgari qui a célébré l’année dernière ses 125 ans de création.L’exposition, réalisée sous le haut patronage de la Présidence de la République Italienne et de la Présidence du Conseil des Ministres Italien, sera ouverte au public du 10 décembre 2010 au 12 janvier 2011. C’est la première fois qu’un joaillier présente une rétrospective de cette ampleur dans l’enceinte du Grand Palais.
Intitulée « 125 ans de Magnificence Italienne », cette exposition retracera les principaux chapitres de l’histoire de la maison Bulgari et de l’évolution de son design, fer de lance de « l’école italienne », depuis l’ouverture de la première boutique via Sistina, en 1884, jusqu’à nos jours. Une véritable saga illustrée par plus de 600 chefs-d’œuvre de joaillerie, d’horlogerie et d’arts décoratifs, dont une centaine de pièces exclusives, présentées pour la première fois au grand public.
Certaines pièces sont issues de la collectiondu musée Bulgari – trésor historique exceptionnel conservé dans les archives de la société – et d’autres proviennent de collections privées. Les visiteurs pourront notamment admirer 3 pièces provenant de la famille Grimaldi dont un collier ayant appartenu à la Princesse Grace de Monaco.
L’exposition s’organisera en huit parties, classées par ordre chronologique. L’itinéraire commencera par une collection d’objets en argent créés à la fin du xixe siècle par Sotirio Bulgari, orfèvre grec à l’esprit créatif et au grand sens des affaires, qui s’installa à Rome pour y faire fortune et qui posa en 1884 les fondations de ce qui allait devenir l’une des plus grandes maisons de joaillerie au monde. Ces pièces sont les seuls vestiges témoignant encore des tout débuts de la production de Bulgari imprégnée de culture classique, ottomane et byzantine. La migration de Sotirio Bulgari de l’Epire, à l’époque de la fin de l’empire ottoman vers Rome néo capitale de la jeune Italie, nous permet de revivre toutes les grandes transformations géopolitique qui ont façonné la méditerranée actuelle. Durant cette époque le style de la maison Bulgari évoluera très vite d’un style oriental à un style plus contemporain. Sotirio Bulgari ne travaillera plus désormais l’argent mais le platine et le diamant.
Le visiteur découvrira ensuite un espace consacré aux créations des années 1920 et 1930, série de créations en diamants inspirées par l’Art déco et témoins de l’immense réussite de la maison Bulgari, alors dirigée par les deux fils du fondateur, Giorgio et Costantino Bulgari.
La salle suivante présentera les créations des années 1940 et 1950, période durant laquelle le style Bulgari est fortement influencé par le style de la joaillerie française.
* « je vais toujours chez Bulgari, parce que c’est le plus important musée d’art contemporain »
Viendra ensuite une partie consacrée aux années 1960, décennie qui marqua un changement aussi radical qu’essentiel dans la définition de l’identité Bulgari. C’est durant ces années en effet qu’apparurent les traits distinctifs qui ont fait la renommée de la maison Bulgari – formes affirmées et stylisées, douceur des volumes, associations de couleurs totalement inédites – et ont défini son style inimitable, une véritable « école italienne » en joaillerie par opposition à la joaillerie française plus classique.
Les trois salles suivantes abriteront respectivement des créations des années 1970, fortement influencées par le pop art et encensées par Andy Warhol, les années 1980 marquées par un design particulièrement audacieux et inventif qui s’inspire lui-même de la renaissance italienne, et les années 1990, marquées, outre par les mélanges inattendus de matières, par la création d’ un véritable prêt-à-porter en joaillerie. Ce sont également les années des excès de Grace Jones qui n’hésitait pas à superposer divers colliers de haute joaillerie en guise de couvre-chefs ou bien de Tina Turner qui avait menacé d’annuler un concert si on ne lui retrouvait pas ses boucles d’oreilles porte bonheur griffées Bulgari dont elle ne pouvait se séparer.
Toujours sous le dôme vitré du Grand Palais sera présentée la dernière partie de l’exposition, avec un étonnant jeu de miroirs reconstituant un immense diamant. La continuité du style dans lesannées 2000 sera représentée par quelques pièces dont un incroyable collier orné d’un saphir birman de plus de 321 carats.
Plusieurs salles proposeront des espaces thématiques consacrés à des moments particulièrement décisifs dans l’évolution du style Bulgari, comme les gemme nummarie, ou « joyaux numismatiques », qui substituent des pièces de l’Antiquité aux pierres précieuses. Cet usage avait d’ailleurs été mis en vogue dans la Rome antique, il est donc amusant de noter que c’est un joaillier romain, Bulgari, qui remet cet usage au goût du jour au XXème siècle, ou encore le motif du serpent symbole méditerranéen depuis l’Egypte antique et grand classique de la joaillerie réinterprété par Bulgari au fil des années, ou enfin le logo BVLGARI lui-même, inspiré par l’épigraphie de la Rome antique et transformé en élément ornemental, trait essentiel de nombreuses collections couronnées de succès.
En plus des créations en joaillerie et horlogerie, la rétrospective exposera également une collection de documents, dont des croquis et dessins tirés de différentes périodes ainsi que des photos d’artistes, d’aristocrates et de célébrités tombés sous le charme des joyaux de la maison Bulgari depuis sa création. Bon nombre de ces documents seront présentés pour la première fois au public. Une partie entière sera ainsi consacrée aux années de la dolce vita, avec des portraits et citations de monstres sacrés de l’époque, des esquisses de bijoux portés à l’écran par les plus grandes actrices du moment et d’autres documents illustrant les liens étroits qui unissent Bulgari et le septième art, noués au cours des années 1940 et entretenus depuis.
Mais les véritables stars de cette partie de l’exposition resteront les joyaux eux-mêmes, des créations spectaculaires portées par Anna Magnani, Monica Vitti, Claudia Cardinale, Sofia Loren, Romy Schneider, Ingrid Bergman, Gina Lollobrigida ou bien par l’Impératrice de Perse Soraya.
Une salle entière sera exclusivement consacrée à la fabuleuse collection privée d’Elizabeth Taylor, inédite en France.
La relation houleuse entre Elizabeth Taylor et Richard Burton était rythmée par de nombreux cadeaux Bulgari comme en témoignent les nombreuses citations de Richard Burton à propos de la star: « the only word she knows in Italian is Bulgari* », « I introduced Liz to beer and she introduced me to Bulgari **». L’occasion exceptionnelle d’admirer quelques-unes des créations les plus extraordinaires de Bulgari : seize pièces uniques et pratiquement inestimables, chacune avec sa propre histoire. On notera par exemple la broche en diamant avec émeraude centrale de plus de 18 carats qui fut offerte à la star par Richard Burton à l’occasion de leurs fiançailles en 1962. Elizabeth Taylor ne voulut porter aucun autre bijou le jour de son premier mariage avec Burton, le 15 mars 1964. Les objets d’Elizabeth Taylor s’enrichissent grâce à l’ajout du trophée David di Donatello qu’elle a reçu en 1959 pour le film « Soudain l’été dernier » de Joseph Man.
« * le seul mot qu’elle connaisse en italien, c’est Bulgari »
« **J’ai fait découvrir la bière à Liz et elle m’a fait découvrir Bulgari »
Toutes les pièces de l’exposition ont fait l’objet d’une expertise avec consultation des sources historiques et scientifiques par Amanda Triossi, directrice de la rétrospective et auteur du catalogue qui l’accompagne (320 pages de documentation et de photographies aux éditions Skira). Directrice des archives de la maison Bulgari et de sa collection Vintage depuis 1997, Amanda Triossi a signé les deux éditions (1995 et 2007) de la monographie consacrée à l’histoire de la maison.
Francesco Trapani, CEO du Groupe Bulgari, a déclaré :« Le Grand Palais nous offre l’immense privilège d’exposer en ses murs des pièces de notre riche patrimoine : une collection de joyaux et d’objets précieux retraçant plus d’un siècle d’histoire de notre marque. Ce sera pour Bulgari l’occasion d’accroître sa notoriété sur le marché français, marché stratégique pour le secteur du luxe. Cette exposition témoignera également du lien particulier qui unit Bulgari à Paris depuis le début des années 1920, époque où la ville française, alors capitale des arts décoratifs au rayonnement international, fut une source d’inspiration majeure pour les créations artistiques et visionnaires de mon grand-père Sotirio et de son fils Giorgio Bulgari. Depuis lors, les codes esthétiques de la marque ont évolué. Mêlant héritage grec et élégance romaine, le style Bulgari est unique et emblématique. L’exposition de Paris fait suite à celle qui s’est tenue au Palazzo delle Esposizioni à Rome en 2009 pour le 125e anniversaire de la maison, et nous sommes heureux que le public parisien puisse découvrir tout le versant italien de la création à travers 125 années de style italien en joaillerie»




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